Comment avoir confiance en soi ? A travers la méditation…

comment avoir confiance

Voici ici un article issu du site Pyschologie.com, il s’agit d’une interview de Fabrice Midal qui est un philosophe français, spécialiste du bouddhisme et fondateur de l’Ecole occidentale de méditation.

 

Pourquoi est-il si difficile d’avoir confiance ?

Fabrice Midal : Parce que nous ne pouvons pas décider par un simple acte de volonté d’avoir confiance. En réalité, c’est même notre volonté de tout contrôler qui nous en prive. Nous croyons que la confiance ne peut venir que si nous sommes entièrement rassurés, ce qui est impossible. Je ne peux pas être complètement certain de ce qui va se passer dans l’avenir, car il contient toujours une part d’inconnu. Par exemple je ne peux pas être absolument sûr que cet ami me sera d’une fidélité totale. Qu’est-ce que cela implique ? Que quoi que nous fassions nous devons prendre un risque. La confiance ne vient pas de l’absence de tout risque, contrairement à ce que nous avons tendance à croire. Elle vient lorsque l’on comprend que toute existence implique un risque.

En quoi la confiance est-elle indispensable ?

Fabrice Midal : Sans confiance, notre existence est comme mutilée. Rédiger un rapport, prendre la parole, appeler un ami qui nous est cher, exécuter un simple geste : tout devient difficile. Dès que je fais quelque chose, il y a un doute qui vient, je commence à me juger, à envisager d’autres alternatives. Tout devient pesant. Je n’arrive plus à avancer. C’est une profonde douleur.

De quoi souffrent ceux qui n’en ont pas ?

Fabrice Midal : Le manque de confiance pose trois problèmes : le doute, la peur et le manque de courage. Lorsque nous n’avons pas confiance, nous sommes entravés. Au moment d’accomplir n’importe quelle action, nous voyons apparaître des doutes qui peuvent prendre la forme de reproches : « je n’aurais pas dû le faire comme cela », « ça ne va pas », « je suis trop idiot ». C’est comme une sorte de gaz empoisonné qui ne disparaît jamais. Le manque de confiance peut aussi se manifester par de la peur. Je dois appeler telle personne et je n’ose pas. Cela m’angoisse. Je ne sais même pas pourquoi. L’une des conséquences majeures du manque de confiance, c’est une sorte de découragement. Au moment de vous lever le matin, vous n’avez pas d’élan. Chaque pas vous coûte. Il y a toujours quelque chose qui vous vient à l’esprit, et qui vous empêche d’être naturel. Tout est lourd, gris, terne. Parfois, vous êtes pris par des sortes d’angoisses, sans visage. Il n’y a plus de joie.

En quoi la méditation aide-t-elle à développer la confiance en soi, et s’agit-il d’une méditation particulière ?

Fabrice Midal :  Il existe en effet des formes de méditations qui aident profondément à retrouver la confiance, ce sont celles que je présente dans ce coffret. Ces pratiques nous apprennent à nous ouvrir au présent, à nous ouvrir au monde. Elles nous expliquent comment trancher les doutes, cesser d’appréhender notre propre peur, et se relier à une source de vie plus profonde. 

Quelle différence entre la confiance et l’estime, l’orgueil ?

Fabrice Midal : La confiance est tout aussi bien opposée à l’orgueil qu’à la dévaluation de soi-même. Parce que dans l’orgueil, contrairement à ce que l’on tend à croire, nous n’avons pas du tout confiance. Quelqu’un d’orgueilleux a sans cesse besoin qu’on lui répète constamment à quel point il est le meilleur. Il est dans une insécurité profonde. En revanche, lorsqu’une personne est pleinement reliée à la confiance, elle est en paix. Elle cesse de se préoccuper d’elle-même.

Dans quelles conditions se pratiquent les douze méditations que vous proposez, et à qui s’adressent-elles ?

Fabrice Midal :  Ces pratiques s’adressent vraiment à tout le monde. Elles nous aident à devenir ce que nous sommes vraiment, dans le moment présent. Pour de nombreuses personnes, la pratique de la méditation de la présence attentive (mindfulness, que l’on traduit souvent par pleine conscience) est particulièrement difficile. Et effectivement, lorsque l’on n’a pas confiance, rester en silence, assis et immobile peut sembler un peu angoissant. Pour les pratiquer, c’est tout simple : vous vous asseyez et vous écoutez une plage du CD.  Chacune dure environ 10 minutes. Il suffit ensuite de suivre les instructions. Vous pouvez commencer à le faire deux ou trois fois par semaine. C’est accessible à tout le monde à partir de l’adolescence. Pour les enfants, il vaut mieux se diriger vers les formes de méditations qui s’adressent spécifiquement à eux.

La méditation est-elle également efficace face au stress, à la peur de l’avenir, la peur de l’autre ?

Fabrice Midal : Oui, bien sûr. Cela s’adresse à tous ceux qui veulent changer quelque chose de très profond dans leur vie. A ceux qui veulent se sentir plus vivants, plus alertes, plus joyeux.

Et dans un contexte particulier, comme celui des attentats de 2015 ?

Fabrice Midal :  Il se trouve que le dimanche qui a suivi les attentats du 13 novembre, je dirigeais une journée pour apprendre à méditer. J’ai hésité à annuler la session. Nous étions tous en état de choc. Mais il faut un moment arrêter de regarder en boucle les informations et entrer en rapport avec douceur à notre propre expérience. Il s’agit de se relier à une source de vie plus ample. A ma surprise, la salle était pleine à craquer. Tant de personnes ont ressenti l’importance de pratiquer ensemble. Cette session les a énormément aidées. Elles ont pu entrer en contact avec ce qui se passait, sans aucun jugement. Certains avaient peur, d’autres était paniqués, en larmes. Il y en avait aussi qui ne ressentaient rien et s’en voulaient… Il existe plein de mécanismes de défense. La méditation permet d’entrer en rapport avec le réel. Et à partir de là, de s’autoriser à ressentir ce qui se passe. En méditant, vous arrêtez tous ces jugements à propos de ce que vous estimez devoir ressentir. Vous faites la paix avec ce qui se passe. Vous redevenez vivant, et vous retrouvez confiance.

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